Le château de Rabodanges

A l’emplacement du château actuel s’élevait autrefois un château d’aspect féodal. Il n'avait rien de confortable et ne possédait pas le luxe dont François Ier avait donné de somptueux exemples. Dans ce château vivait le sire d’Olliamson qui menait une vie de Grand Veneur.

Sa fille marie-Anne, plut à François de Rabodanges, issu d’une vieille famille de l’Artois mêlée à la Grande Histoire, établie en Normandie depuis le début du XVIème siècle. A son mariage en 1568, la demoiselle d'Oilliamson apporta en dot le vieux château.

Le nouveau seigneur de Culey fut un féal serviteur de Roi comme ses ancêtres. Son fils Louis eut la joie de recevoir l'érection de la Seigneurie en Marquisat en 1649 à titre de récompense de son dévouement au Roi. Le fief prit le nom patronymique de son seigneur, Rabodanges "sonore comme une fanfare de chasse". Jusqu’en 1650, le fief et la paroisse de Rabodanges portaient le nom de Culey-sur-Orne.

Sous Louis XIII, un style nouveau s'était précisé et notre seigneur de Rabodanges trouva alors son logis bien modeste. Aussi quand Richelieu, en 1628, donna l’ordre de raser les châteaux forts, il sera dans les premiers à obéir. Il désira une résidence à belle ordonnance, tenant à la fois de l'art antique et de l'art moderne avec le sentiment d'indépendance se révélant dans la disposition.

La construction de la nouvelle demeure dura probablement de 1630 à 1648 (cette dernière date figurant au fronton) mais l'aménagement s'est poursuivi au moins jusqu'en 1667 d'après les documents. Ainsi, à la place de l'ancien rendez-vous de chasse se profila la silhouette d'une construction aux lignes simples et belles à la correction rigide et solennelle qui apparaît ici dans son cadre comme une évocation du Grand Siècle naissant. Grâce à l'emploi d'une petite pierre schisteuse du pays à la couleur un peu grise, il prit cet aspect classique et sévère qui en fait sa beauté.

La Révolution se passa assez calmement à Rabodanges. Le dernier Marquis Henri-François de Rabodanges qui mourut à Paris en 1792 passait pour un excellent homme, très aimé de son entourage. De ces temps troublés, au cours desquels des balustrades de granit furent enlevées et le parc détruit, il ne reste que le souvenir des Chouans de Rabodanges, hommes vaillants qui ont bataillé avec les Compagnons de M. de Frotté.

Le château de Rabodanges quitta la famille des Rabodanges en 1827. Le domaine s'étendait alors sur 727 hectares. Les propriétaires successifs ont démantélé le domaine. Par contre, plusieurs ont entrepris des travaux de restauration et d'aménagements intérieurs. Classé monument historique, il reste dans la région une évocation d'un passé grandiose.

La devise de Rabodanges est : « Encor n'est-il qu'un rabot d'ange ».

La fontaine Saint-Hermeland

Né à Noyon d'une famille distinguée, élevé à la cour de Clotaire III, Saint-Hermeland entra à l'abbaye de Fontenelle (actuellement abbaye Saint-Wandrille en Seine-Maritime) vers 667.

Envoyé en mission à Nantes, il fonda dans d'île d'Indre (en aval de Nantes sur la Loire) une école monastique dont il fut l'abbé. Il se démit de sa charge et mourut en 720.

On lui attribue une foule de miracles pour soulager toutes sortes de misères humaines et grande est sa renommée dans la région nantaise. La dévotion qu'il suscite en Normandie et plus spécialement dans le Houlme daterait de son passage quand il se rendit de Rouen à Nantes.

La légende rapporte qu'alors, par une journée torride, il vit dans un herbage de Rabodanges (à 50 mètres de la ferme des Méserettes) des bestiaux affolés par une très grande soif. S'étant agenouillé, il offrit à Dieu une ardente prière et s'étant relevé, il frappa de son bâton le sol brûlant. Aussitôt, une source fraîche jaillit à flots, les bestiaux accoururent aussitôt pour se désaltérer.

En 1884, la source a été entourée d'une maçonnerie circulaire avec balustrade de fer et ornée d'une statue en fonte du Saint. Celui-ci est en lévite, tête nue, crosse dans la main droite, livre fermé dans la gauche. Le socle porte la date du 18 octobre 1884. Maintenant, l’enclos de la statue est livré à une végétation sauvage. 
Dans les années de sécheresse, cette source attirait de nombreux pèlerins qui venaient en procession pour demander la pluie. Cette confiance dans le pouvoir du Saint était rarement déçue, une ondée bienfaisante venant exaucer leurs prières. Le Saint était aussi invoqué pour la guérison des fièvres dues aux chaleurs de l'été et les affections des yeux.

Saint-Hermeland n'a pas manqué d'être pris comme patron par l'église de Rabodanges.